Il me reste 22 jours...

Il me reste 22 jours...

Pour vous souhaiter une bonne année 2021 puisque la tradition dit qu’on a jusqu’au 31 janvier pour le faire. Ah tous ces souhaits de fin d’année… Tantôt dits ou écrits avec grand cœur, tantôt très protocolaires, tantôt prononcés machinalement sans trop y réfléchir. Bonne année… que TOUS tes vœux se réalisent… je te souhaite TOUT le bonheur du monde… Ça en fait beaucoup de bonheur ça! Je te souhaite plein de petites et grandes joies, de rires, de sourires… une année exceptionnelle… et puis aussi des souhaits de fêter, danser, s’émerveiller, vibrer! Et cette année plus particulièrement de s’embrasser, se serrer, se retrouver… j’aime bien le coup des embrassades et de se serrer. Ça me manque énormément. 

Wowww, tout un programme pour l’année nouvelle et ce, chaque année. Chaque année, cette pluie de bons vœux mais cette année, j’y fais particulièrement attention, je les lis un à un et je réfléchis… je réfléchis à chacun d’eux et je ne me rue pas pour y répondre. Pas cette année. Je suis pensive.

Je trouve que quand on n’a pas trop le moral, tous ces souhaits si merveilleux peuvent créer un énorme contraste avec la réalité du moment de la personne qui les lit. Bon, je vous avoue que ce n’était pas la grande forme depuis fin novembre, j’y reviendrai… et puis la toute fin d’année est une période que je n’affectionne pas particulièrement, j’y reviendrai aussi.

Bonne santé!

Souhaiter une bonne santé. Est-ce que ces mots ont le même poids pour la personne malade ou mourante? Une bonne santé. Que peut-on souhaiter de mieux? Cette année, c’est le meilleur qu’on puisse me souhaiter et ce d’autant plus que j’ai eu quelques petites frayeurs en décembre mais un scanner a calmé mes inquiétudes… La santé est-elle ce qu’il y a de plus précieux? Sans la santé, point de bonheur (Charles Dubois)? Vraiment? Un ami qui a fui la Russie communiste en 78 sans pouvoir emporter quoi que ce soit avec lui, même pas un livre, me disait que ce qu’il avait de plus précieux était les souvenirs. Ça m’a fait réfléchir… qu’est-ce qu’on a vraiment de plus précieux? Nos enfants et leur santé bien évidemment mais après cela?

On se souvient tous des dictons “ Celui qui a la santé est riche sans le savoir” et “Qui a santé, il a tout; qui n’a santé, il n’a rien.” N’a-t-on vraiment rien sans la santé? En tous cas, la citation qui correspond le mieux à ce que je ressens à l’heure où je vous écris est celle de Jean-François Collin d’Harleville: “La santé peut paraître à la longue un peu fade; il faut, pour la sentir, avoir été malade”.

Faut-il avoir été intubé pour réaliser la chance de pouvoir respirer à pleins poumons, faut-il avoir eu une maladie grave pour réaliser la chance que nous avons d’être en bonne santé? Peut-être qu’un détonateur est parfois nécessaire pour prendre conscience? En tous cas, je trouve ça plutôt chouette et hyper simple à faire de simplement se dire qu’on a la chance d’être en bonne santé, de respirer, de marcher. Par exemple en se levant et en se couchant. Un peu bateau peut-être ce que je vous raconte mais en fait, quand on y pense, pas vraiment… Quelques petites gratitudes par-ci, quelques petites gratitudes par-là ont le pouvoir de faire passer le système nerveux dans le mode parasympathique et changer le mindset…

Et Dieu sait qu’on en a besoin parfois, et Dieu sait que j’ai cherché mille petits trucs pour changer mon mindset ces dernières semaines. Du concret: une fatigue physique démentielle par moments. Plus abstrait: une fatigue morale, noyée dans un verre d’eau, trop de stimuli, trop de sollicitations, trop de trop alors que concrètement, il n’y avait pas vraiment trop mais un rien était trop et un rien entraînait une fatigue physique handicapante… Une envie de solitude, une envie de silence complet, une envie de me coller contre le mur jouxtant le feu, une envie de ne pas me presser et de prendre mon temps pour chaque petite chose, une envie de lire, d’écrire et qu’on me foute la paix. 

Je mettais tout sur le compte du post-cancer, post-livre, post-dédicaces, l’hormono (qui, à mon avis, crève quand même solidement…), la route qui fut longue et sans grand break complètement déconnectant, le petit vélo qui tourne dans ma tête par rapport à la reconstruction, la fatigue de la reconstruction psychique qui, pour ma part, est de plus en plus liée à la reconstruction physique mais, mais, mais… il semblerait que la fatigue soit un peu généralisée, que tant de monde traîne un peu la patte, que tout le monde a une mine de chien, qu’on est tous plombés par la situation actuelle et qu’on rêverait tous que la Belgique rallume ses lumières!

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais j’ai l’impression de vivre dans un pays dont le disjoncteur a sauté et personne ne le répare! Je m’étais juré en rentrant de Houston que la météo, le manque de lumière, la pluie, le froid seraient des non-sujets mais là, je les fous sur la table. Purée. Je ne suis pas si sûre qu’on soit biologiquement adapté à un tel manque de lumière et il semblerait que je ne sois pas la seule affectée. Faut dire que les escapades houstoniennes à l’époque permettaient de recharger les batteries. Eh bien voilà. Un besoin d’hiberner et d’être au chaud, et pourquoi pas finalement? La nature le fait bien… le tout est de garder le moral et un minimum d’énergie pour entreprendre ses rêves et ses projets!

Une chose est sûre, je ne regrette pas un instant les LED super puissants que j’ai installés dans la nouvelle maison, mais ce qui me rend dingue, c’est quand Didier les éteint un à un quand il rentre du boulot. “On dirait un hôpital, c’est beaucoup trop lumineux et il fait beaucoup trop chaud.” Comme quoi, tout est subjectif et faut croire que j’ai adoré mes séjours à Saint-Pierre. Un rituel. Il éteint les rangées de spots un à un, je les rallume un à un dès qu’il a le dos tourné et le matin, j’attends son départ pour donner un coup de boost au chauffage et allumer le feu. Les premiers givres l’enchantent, ils me glacent; le froid le vivifie, il me raidit; la lumière l’agresse, elle me réchauffe. Ça fait 25 ans et dans l’ensemble, ça se passe plutôt bien 😉

Voilà, tout ça pour dire que je trouve que c’est une saison difficile où il faut avoir le cœur bien accroché pour garder la frite. Oui, oui, je sais, les balades au grand air, se forcer, oui, oui, je sais mais la tentation de tapoter sur mon clavier ou de passer des heures à “dessiner” mon nouveau site/projet l’emportent souvent. Je me force et je suis si contente après. Je riais hier quand William à qui j’ai dit que je partais faire une grande balade (il était 14 heures) m’a dit “N’oublie pas ta lampe de poche!” Un podcast que j’aime, un appel que je devais déjà passer depuis longtemps ou tout simplement du silence et je suis très contente après, je reviens vivifiée!

Alors voilà, place aux bons vœux car je n’ai pas répondu à grand monde…

Tout le bonheur du monde ne veut pas dire grand-chose pour moi… en revanche, j’aimerais vous souhaiter du fond du cœur une bonne santé, de croire en votre capacité à être résilient, d’être capable de vous émerveiller devant un vol d’oies, le petit faisceau lumineux dans la nuit noire qui pénètre par l’entrebâillement des rideaux, le chant du feu qui crépite, le son enfoui des pas dans la neige et le rire de l’enfant. Je vous souhaite de faire des choses qui vous animent, des choses qui vous nourrissent, des choses qui vous font du bien et qui font du bien aux autres.

Et puis je reviens sur cette période de fin l’année que je déteste comme si c’était un fait établi. C’est ridicule quand on y pense. Pourquoi est-ce que je devrais détester cette fin d’année toute ma vie? Pourquoi est-ce que je m’impose cela? Pourquoi est-ce que je m’inflige cela? Chaque année, c’est pareil… D’ailleurs j’ai repris mon blog de l’an dernier:

“Le cafard monstre du 31 décembre est principalement dû à la tristesse du temps qui passe. Et pourtant, je sais, je sais, je sais si bien que cette angoisse n’a pas lieu d’être quand on vit dans l’instant présent. Le temps ne passe pas dans l’instant présent… C’est comme si chaque année à la même date, et presqu’à la même heure, la dure réalité du temps qui passe me frappe en pleine figure. Ce passage à une nouvelle année, une nouvelle décennie, comme si les 365 jours avaient duré une seconde. Je me souviens du 31 décembre 2000 comme si c’était hier et j’ai un pincement au cœur en pensant à tout ce temps qui s’est écoulé si vite. Ce temps qui fonce, ce temps qui file et qui nous rapproche de la fin. […] J’ai vraiment du mal à mettre des mots sur cette tristesse qui me prend la gorge dès que je pense à ce temps qui coule entre nos doigts, et pourtant elle est bien réelle. Peut-être qu’en vous donnant quelques images, vous pourrez mieux l’imaginer et peut-être même la ressentir… Les personnes que j’aime et auxquelles je me suis terriblement attachée qui nous quittent. Les enfants qui grandissent et quittent le nid. Les parents, la famille, les amis qui vieillissent et qui nous quittent. Des petites morts. Les choses que l’on a pas dites. Les choses que l’on a pas faites ou vécues. Les choix qui nous ont éloignés de nos besoins profonds. Les tristesses profondes qui remontent en visualisant le film de ma vie en accéléré. La mort. La mienne ne m’effraie pas, celle de ceux que j’aime me tétanise.”

En fait, je déteste les fins. Toutes les fins, à tout. La fin d’une année, la fin d’une histoire, la fin des films, la fin d’un livre, la fin d’une lettre, la fin de la routine aussi, la fin d’une période, la fin d’une vie. Dire au revoir. Je déteste les aurevoirs. Je ne suis pas sûre que j’aime encore les grands changements en fait. Moi qui rêvais de changer de pays toute ma vie, de changer de maison, de changer de vie (pas de mari ;-)), de métier, j’ai plus trop envie. Et pourtant… quelle splendeur qu’un changement et qu’une fin pour certaines choses, et notamment ce mindset plombant des fins d’année. Un long débat, peut-être un blog sur les fins, les aurevoirs et le changement. 

Et si le bilan de fin d’année était peut-être un moment pour accueillir une nouvelle année pleine de promesses. Voilà ma résolution pour la seconde moitié de ma vie!

Allez zou! Nous y sommes, 8 janvier, le moral est revenu, l’énergie aussi, on vient de fêter les rois et j’étais la reine (logique avec trois hommes à la maison…), les jours rallongent, on gagne une minute de lumière par jour et certains jours 2 alors ces jours-là, c’est la fête. 

Quelles sont les autres news?

J’ai découvert Vinted…
J’ai trouvé ça très drôle au début mais la maison s’est transformée en un véritable bureau de poste pour gagner deux francs six sous. J’ai toujours fait don des vêtements des kids et des miens mais je me suis dit que je vendrais bien quelques vêtements qui traînent depuis 10 ans dans mes armoires pour financer mon nouveau projet. Je vais terminer les photos de ce que j’ai étalé en foutoir partout dans ma chambre, histoire de me forcer à le faire mais je pense que je vais repasser au don. Il a eu le nez fin le bonhomme, c’est quand même génial cette App, surtout en période de confinement et j’aime bien l’idée, les choses circulent, rien n’est jeté, l’impact écologique est petit, tout le monde est content et en plus, je trouve que tout le monde est super gentil et n’arrête pas de se remercier et de se laisser des commentaires bienveillants. J’aime bien. C’était amusant à découvrir mais trop de chipot et puis chaque fois que quelque chose était vendu, je me disais que je l’aurais bien gardé 😉

Qui dit Vinted, dit prothèse! 
Ah bien oui, il a fallu que je me la “colle” pour faire les photos parce qu’on m’a dit “Ça se vend beaucoup mieux quand tu postes une photo de toi avec le vêtement (sans la tête)”. J’ai donc suivi le conseil et je suis finalement très contente de l’expérience. Si vous avez lu mon blog précédent, vous savez à quel point je chipote avec cette histoire de reconstruction, je tourne en rond, je ne suis pas bien par rapport à tout cela, pas bien dans mon corps, indécise, pas à l’aise, tourmentée, torturée, obnubilée parfois… L’expérience Vinted m’a permis de porter cette prothèse pendant 4 jours toute la journée (trop de chipot de nouveau de l’enlever et de la remettre chaque fois pour les photos) et aussi bizarre que ça puisse paraître, je me sentais différente, comme un peu réparée, entière de nouveau, en un morceau, plus harmonieuse, moins déséquilibrée. Ça tient à peu de choses, un (tout petit) morceau de silicone et pourtant ça fait toute la différence, la sensation est très profonde, elle vient de loin. Je me suis dit que j’étais prête. Vraiment prête. La dernière phrase de mon livre est de nouveau d’actualité. J’ai envie d’avoir deux seins et je pense de plus en plus que pour ma part, la reconstruction psychique va de pair avec la reconstruction physique.  

Mon opération était prévue le 12 janvier avec Docteur “Je maîtrise toutes les techniques”, j’étais incapable de l’annuler mais je savais que je n’étais pas prête. Je me dis que les gens indécis doivent avoir une vie vraiment difficile. On n’avance pas quand on est indécis, parfois c’est pour une bonne raison mais si on est indécis de nature, ça doit vraiment être super emmerdant. L’hôpital Delta m’a appelée le 30 décembre pour le pré-op, j’ai donc annulé car ça reste quand même un tantinet trop tôt. 

Didier a commencé mon livre!
Je dois quand même vous dire qu’il a toujours lu les blogs avant que je ne les poste. J’avais besoin de son approbation, ça me rassurait avant d’appuyer sur “Publier”. Je me mets à nu, ça fait un petit pincement quand j’appuie sur “Publier”. Ça donne aussi un peu la même impression que lancer une bouteille à la mer, on ne sait pas comment ce sera accueilli mais c’est pas grave. De même que je mettrais la carte d’un trésor ou des mots doux dans la bouteille, je mets tout mon cœur dans chaque post. Vous écrire me fait tellement de bien, plus que vous pouvez imaginer et j’ai envie de continuer à partager avec vous les différentes étapes de la reconstruction psychique. L’histoire est loin d’être finie… Pour revenir à Didier et mon livre, je l’entends marmonner parfois “Oh non, elle a pas dit ça! Oh non, elle pas laissé ça dans le livre!” Je souris… 

La Hollande est confinée alors Willy n’est pas reparti à Amsterdam. Il a repris ses cours en ligne, un sacré challenge quand on étudie l’hôtellerie… C’est le bonheur de sentir sa présence à la maison et assez sympa de le voir fristouiller quelques plats dans la cuisine. Ceci dit, j’espère qu’ils vont vite reprendre en présentiel parce que le virtuel n’a franchement aucun sens pour certains cours. 

Le nouveau projet avance lentement, très très lentement, mais sûrement. J’y consacrerai un post entier dès que j’ai franchi encore quelques étapes. Y en a déjà eu quelques-unes dont l’objectif et la conceptualisation du projet, l’étape suivante qui nourrit mon besoin énorme de création est la refonte du site. Une nouvelle identité, un nouveau message, une nouvelle communauté, de nouvelles couleurs, un nouveau départ. J’attaque tout bientôt une formation sur comment entreprendre un podcast et je serai prête à démarrer! J’ai tout à apprendre, c’est intimidant mais ça m’anime. Je veux que ce soit à tout moment un plaisir donc je vais aller à mon rythme. Je me réjouis tellement des rencontres que je vais faire, des échanges que je vais avoir et des liens que je vais créer avec toutes ces personnes interviewées.  

Rien à voir avec le paragraphe précédent, nous avons encore profité de quelques récoltes, des choux de Bruxelles, des topinambours, des bettes (ou blettes pour les Français), on n’a pas encore été voir la gueule des poireaux. Les butternuts commençaient à courir tout seuls, ils ont donc tous été réduits en litres de soupe que nous partageons avec joie. Le disjoncteur des ciels belges a sauté mais faudrait pas que le nôtre fasse de même parce que ce sont des mois de récoltes et de labeur qui se trouvent dans nos freezers (mes ex-freezers géants de traiteur…).

Je vous embrasse bien fort et je me réjouis de vous retrouver bientôt. 

XO
Delphine

PS Je n’aime pas beaucoup demander mais je ne vous cache pas que des commentaires sur Amazon (que vous ayez acheté ou non le livre via ce biais) aident énormément à faire connaître le livre à plus de monde et comme il fait du bien alors faisons du bien tous ensemble! Merci d’avance de votre coup de pouce!
Lien pour laisser un commentaire ICI.

Leave a Reply