Aujourd’hui, il y a un an…

Aujourd’hui, il y a un an…

Crédit photo : Valérie Schellekens
Pourquoi cette photo du 12  juillet : Parce que c’est le souvenir d’un moment doux…

Je ne suis pas certaine que ce titre soit grammaticalement correct mais vous avez certainement tous compris. Aujourd’hui 11 juin à 10 h 05, il y a un an, je recevais un coup de téléphone de Docteur L pour m’annoncer une terrible nouvelle. Une terrible nouvelle ? L’était-ce « après-coup » ? C’est sûr que ce genre de coup de téléphone donne l’impression, dans les jours qui suivent, que son monde s’écroule. Certains pourraient même penser que c’est la fin du monde, mais on ne sait pas ce que ce genre de nouvelle nous réserve. On ne peut pas présupposer l’impact de ces quelques mots “vous avez des cellules cancéreuses”. On ne peut pas non plus savoir ce que le tsunami émotionnel, une fois calmé, peut cacher ou dévoiler, peut laisser apparaître ou transparaître. Faire germer peut-être. Oui, j’aime bien « faire germer ». Parfois, on est surpris.

Et si on se disait un instant que les mauvaises nouvelles « objectives » (un cancer n’est « en soi » pas une bonne nouvelle si on le sort de son contexte) ne sont pas toujours des nouvelles désastreuses. Désastreuses dans le sens « aux conséquences catastrophiques menant à l’échec, fâcheuses et même funestes ». Si on se disait aussi que l’événement que l’on n’a pas choisi, la contrainte, l’événement imposé peut être un événement-tremplin, que l’événement « contraire » peut être source de découverte. Et si on mettait découverte au pluriel ? Source de nombreuses découvertes.

Pour reprendre les mots de l’équipe de Cœurs de Vie, parlons des oppositions : je subis/je choisis. Le non-choisi/le choisi. L’épreuve/l’initiation. Passer de l’épreuve à l’initiation. Passer du plomb de l’épreuve à l’or de l’initiation pour reprendre les mots de Denis Coquet, philosophe assez incroyable car il met des mots simples sur des concepts parfois complexes. Je trouve que ces mots, le plomb et l’or, ont une force inouïe et ils sont tellement imagés. Dans ce cas-ci, c’est facile à comprendre mais l’abstrait peut être difficile pour moi et parfois j’ai l’impression de ne pas être câblée de la même manière que les autres parce que j’ai besoin de beaucoup d’images et que ces images forment une histoire pour que j’intègre certains concepts plus complexes. Le plomb et l’or. Le chemin, le parcours, le combat pour transformer le plomb en or. C’est un choix, une démarche, une démarche très active, une lutte. Un combat. A vrai dire, je ne sais pas trop quelle est la différence entre une lutte et un combat, peu importe. C’est un combat avec soi-même, avec l’adversité, avec les difficultés de la Vie. Et puis il y a toutes les victoires à célébrer. Et puis ça recommence encore et encore. Plein de combats, de luttes et plein de victoires…

J’avoue que j’ai été très marquée par ce Webinaire de Cœurs de Vie alors je me permets de les citer encore car tous ces hommes nous parlaient, à nous tous. C’est rebondir finalement, ce passage du plomb de l’épreuve à l’or de l’initiation. Je ne savais pas qu’initiation voulait dire « aller à l’intérieur ». Le rebond. Rebondir. Une balle magique. Un ressort. J’avais déjà parlé du livre de Fischer, le Ressort Invisible dans mon post « Le Kintsukuroi ». Ressort, force morale et aussi organe élastique capable de supporter des déformations pas possibles, qui peut être tordu, plié, tendu, comprimé, il tendra toujours à reprendre sa forme initiale. Des images fortes comme j’adore pour illustrer la résilience. Ce ressort qui permet de transformer l’obstacle en tremplin, la fragilité en richesse.

Être écrasé comme le ressort, parfois même terrassé par les épreuves de la Vie et rebondir, redémarrer, repartir. Plus fort, plus grand, plus joyeux. Rebondir comme « descendre à l’intérieur, loin à l’intérieur, pas pour rester enfermé, mais pour ressortir à l’extérieur vers les autres. »

Ça vous paraît un peu barbant et théorique ? Fermez les yeux un instant. Et pensez. Quand avez-vous été écrasé comme le ressort, même terrassé, anéanti ? Anéanti par une nouvelle, par le chagrin ou la douleur ? Comment avez-vous rebondi ? Et maintenant imaginez que vous aviez une boîte à trésors avec toutes vos ressources avant d’avoir été écrasé. Ne trouvez-vous pas que le poids de la boîte a doublé après avoir rebondi ? Ne vous êtes-vous pas retrouvés avec plus de ressources, plus de Vie ? Et si on se disait qu’on pouvait quantifier le Vivant. Vous étiez plus Vivant. C’est quand même un mot spécial, parce qu’on est vivant ou on ne l’est pas. On est mort ou on est en vie. Je ne parle pas de ce Vivant-là, je parle de « plus de Vie », « plus de cette vie si précieuse », « plus de force vitale » et puis j’associe aussi cela à la joie, « plus de Joie ». Je souriais car j’ai vu une citation de je ne sais plus qui, je ne la retrouve pas sur le net. « Certaines personnes sont déjà mortes à 25 ans mais elles ne sont enterrées qu’a 75 ans. »

L’amour, la joie, la vie sont un combat, mais rooo c’est quand même chouette de sortir vainqueur avec des armes supplémentaires pour affronter les nouveaux combats. C’est quand même chouette de fêter les victoires. Un combat, un choix, une démarche. Et encore une fois, je réalise que les circonstances de certains sont terriblement compliquées, je n’ai aucune recette à donner, ni le monopole de quoi que ce soit, je ne fais que partager des réflexions, et en plus, pas toutes de moi, je cite des personnes qui ont bien plus d’expérience et qui en ont connu des épreuves ! Elles valent la peine d’être connues car elles apportent des petites semences pour la réflexion.

Aujourd’hui, il y a un an. Dis donc, ça a passé à une allure v-v’, c’est affolant, c’est parfois même inquiétant. Je n’ai pas envie que le temps passe si vite, j’ai trop de choses à vivre. Je me surprends, à l’époque je pense que j’aurais écrit : j’ai trop de choses « à faire ». Je déteste la vitesse du temps même je sais que le temps ne passe pas dans l’instant présent. Ceci dit, instant présent ou pas, je m’en fous, à la fin de chaque journée, je trouve qu’il a passé trop vite. Et puis, je vous l’ai déjà dit, je suis parfois terrassée par la tristesse de perdre des personnes « d’un certain âge » que j’aime.

Alors pourquoi un blog aujourd’hui, 11 juin 2020 ? J’avais juste envie de marquer le coup, c’est un peu comme un anniversaire. On ne les célèbre pas beaucoup à la maison et pourtant j’adore. Mes hommes ne sont pas trop des « célébrateurs » des petites choses mais moi, j’adore célébrer toutes les petites dates, toutes les petites victoires, toutes les petites occasions, parfois même sans importance, j’aime bien marquer le coup avec des toutes petites choses, parfois juste symboliques. J’aime bien la magie. J’ai besoin de magie. Repenser, se remémorer, célébrer, pleurer parfois, voir le chemin parcouru, se rappeler, commémorer, se souvenir, fêter. Des dates symboliques, parfois tristes, parfois joyeuses. Des moments d’arrêt et de rappel.

S’arrêter aussi pour voir comment on a transformé le plomb en or, ou peut-être réaliser qu’il n’est pas encore à l’état d’or, mais bien d’argent. Peut-être qu’il faut encore un peu attendre, être patient, le vouloir, choisir. Marquer le coup et réfléchir. Où est-ce que j’en suis ?

Je ne vous l’avais jamais dit mais en faisant le shooting avec Amélie de Wilde, j’ai marché sur un gland au pied de mon chêne. Je l’ai attrapé dans ma main et une histoire s’est déroulée dans ma tête pendant qu’elle prenait des photos. J’ai rien dit mais c’était extraordinaire malgré l’épuisement dû à la chimio. Un gland. Au fond que représente ce gland ? Un petit festin pour l’écureuil qui faisait ses 200 allers-retours entre la terrasse et le jardin ? Un petit truc qui nous saoule quand on marche pieds nus dans le jardin parce que ça fait un mal de chien quand il presse sur la plante (des pieds) ? Ou le début d’un grand chêne ? Tout est toujours une question de perspective. Un grand chêne qui connaîtra la chaleur du soleil, l’agressivité des orages, le froid glacé des pluies d’hiver, la violence des vents, la caresse de le douce brise du printemps, la beauté des couleurs ocres de l’automne. Mon cancer, est-ce comme ce gland qui me rentre dans la plante des pieds, un obstacle qui vient foutre le bordel dans ma vie ? Est-ce le début de quelque chose de nouveau ? Un renouveau comme le printemps. Voilà à quoi ressemblait ce gland qui m’a inspirée au tout début de mon cancer.

Delphine Remy tient un gland d'un chene
Delphine Remy tient un gland d'un chene
Delphine Remy tient un gland d'un chene

Crédit photo : Amélie de Wilde

Quelle année ! Qu’est-ce qui pèse plus lourd dans ma valise par rapport à l’année dernière ? Il se fait que je prépare mon speech pour la première conférence fin septembre pour la sortie du livre. Wow, ça part dans tous les sens. Milliard, de quoi vais-je leur parler ? Je ne vais pas leur parler de mon livre, ils peuvent le lire. Qu’est-ce que je peux leur apporter ? Et s’ils découvraient ce qu’il y a dans leur valise et qu’il n’y avait pas avant ? Et s’ils mettaient leurs propres couleurs sur les mots « rebond », « ressort », « valise », « atouts », « vivant », « force de vie », « joie » ?

Voilà, je travaille à cela et il m’est bon de réfléchir mais pas trop non plus, je ne veux pas me prendre la tête, mais c’est quand même bien de faire une évaluation de l’année écoulée pour nourrir la réflexion. Une éval’ comme au boulot en fin d’année. J’ai quasi toujours travaillé pour moi-même donc je n’ai pas eu beaucoup d’éval’ mais j’aurais peut-être dû en faire plus dans ma vie quand je ne me sentais pas super alignée. Après cette année, je pense qu’il est bon de le faire. Écrire me le permet sinon je suis trop dissipée, j’ai des tonnes de distractions auxquelles je m’adonne avec grande joie !

En voici une. Neuf petites vies se développent sous mes yeux. C’est juste fascinant ! C’est peut-être futile pour vous, mais pas pour moi. J’observe et je suis complètement scotchée par cette nature et cet instinct maternel. J’ai envie de vous raconter, je me force à la faire courte. “Ma” cane a tenté sa deuxième ponte. Je pense que je vous l’ai dit dans le blog précédent, les 4 premiers œufs avaient été bouffés par une salope de fouine. La cane a mis 2 mois à réapprivoiser ma mare. Elle n’était quand même pas si mécontente de l’accueil chaleureux que je lui ai réservé tous les jours puisqu’elle a décidé de retenter sa chance et de pondre dans un petit massif de ravissantes fleurs blanches et roses devant la maison (et au bord de la mare). Alors là, j’ai dit non ! La cage à pies, au cas où elles étaient les coupables, était installée et j’allais être plus maligne que la fouine. Fallait pas me la faire deux fois parce que ça m’avait plombée.

Un matin, je me lève, je vois la cane qui gratouille dans le massif, j’écarte les fleurs, un œuf ! Merveille ! Un œuf fécondé bien sûr car je ne vous dis pas les parades nuptiales et pratiques sexuelles pour le moins surprenantes des colverts dont je fus témoin ces trois derniers mois.

« Did, pour éviter qu’il ne se fasse bouffer de nouveau, on va le remplacer par un œuf de poule la nuit. » Parce que c’est toujours la nuit que le massacre a lieu.

Et voilà notre rituel du soir, 21 h 30 heures pétantes (juste avant de regarder Anne with an E), nous voilà dehors remplaçant les œufs de cane (que je gardais à l’abri) par des œufs de poule. Premier soir, un œuf. Deuxième soir, deux œufs. Troisième soir, trois œufs… jusqu’au jour 9. Je veillais à ce que nous ayons toujours suffisamment d’œufs de poule pour faire le switch. A 6 heures du mat, je refaisais le switch dans l’autre sens pour faire comme si de rien n’était. Ah oui, pour info, la cane pond un œuf par jour pendant 8 à 15 jours et c’est seulement après avoir tout pondu, qu’elle s’installe sur son nid, ou autrement dit “couve”, pendant 28 jours. Quand va-t-elle arrêter de pondre, quand va-t-elle commencer à couver ? Il faut naviguer avec cette incertitude. 

Pendant 9 jours, nous avons donc remplacé les œufs de cane par les œufs de nos poules. Fastoche, je fais la nique à la fouine ou aux pies à part que THE DAY est arrivé, THE DAY où la cane commence à couver, elle s’est installée sur les œufs de poule (parce que je me suis reveillée trop tard) et non pas ses propres œufs. Shiiit ! Le plan a foiré et la déception est immense. Ben oui, la déception est à la hauteur de l’attente, c’est toujours comme ça. Mais on va trouver une solution. Ce fut fait et la voilà installée depuis 10 jours prenant soin jour et nuit de ses 9 petits œufs qui vont éclore le 27 juin. Si on s’approche trop près, elle gonfle son plumage et souffle comme un boa ou un cygne, bref on dégage car ça fait peur. Elle s’octroie 10 minutes de baignade, un peu de mes graines bio et un petit sprint jusqu’au lac de Genval (je pense) histoire de se dégourdir les ailes, quand le mâle débarque pour surveiller le nid. Si le mâle n’est pas là, c’est moi qui le surveille. Puis rebelote elle s’installe à nouveau pour 24 heures. L’instinct. Un autre blog. Pas sur l’instinct des colverts évidemment ;-), mais sur notre instinct. Se fier à son instinct. Vous le faites, vous ?

Illustration de Tonu pour Delphine Remy

Je veux pas faire la nana chiante qui parle de son chat ou de son chien (qui ressemble à un rat) toute la journée mais c’est quand même génial tout ça parce que franchement qui n’est pas attendri par des petits canetons… je me demande. Celui qui ne l’est pas n’est pas mon ami ou alors il a un solide problème à régler, that’s for sure.

Alors voilà, quand il fait trop chaud, je lui installe un parasol et quand il pleut, je lui installe un parapluie, Didier trouve que je suis folle mais moi, ça me fait plaisir de « prendre soin », c’est important de « prendre soin ». Prendre soin de quelqu’un, d’un animal. Prendre soin de l’autre. De soi aussi, mais pour moi, c’est parfois plus important de prendre soin de certaines personnes qui comptent plus que moi. Faut-il prendre soin de soi d’abord pour pouvoir mieux prendre soin de l’autre ? Je pense tout à coup au gilet de sauvetage et au masque à oxygène dans l’avion, je me suis toujours dit « Ma charmante hôtesse, cause toujours, c’est même pas en rêve que j’installe mon masque avant celui de mes enfants ou de la vieille personne à ma droite. » J’ai pas envie de réfléchir à tout cela maintenant mais ce serait peut-être bien le sujet d’un autre blog.

Plus terre à terre, les légumes poussent, c’est fantastique. Je pensais qu’il y en aurait trop mais j’avoue que je fais une consommation massive de tout ce qui sort du sol et de ce qui est dans le sol aussi d’ailleurs (les radis pour le moment). Voici le genre de dej’ rapido avec un peu de maquereaux à l’huile et de quinoa.

Je distribue aussi et j’avoue que j’ai parfois plus de plaisir à distribuer les récoltes qu’à les manger moi-même. La première fraise des bois tant attendue, la première framboise cachée sous une feuille, grands moments ! C’est tellement plus magique quand on les partage. On attend la première tomate des 30 plants de tomates plantés par Didier, ça relève de l’addiction. L’addiction « saine », c’est un nouveau concept.

Le potager, c’est du boulot ? Quand même un peu et je remercie Didier qui y travaille plus que moi car je passe beaucoup de temps à retravailler mes textes pour le livre. On va dire que ça demande une attention régulière. La semaine dernière, l’arrosage était ce qui prenait le plus de temps. Ça saoule Didier et moi, j’adore, je médite quand j’arrose, si c’est ça méditer. Je me vide la tête et je suis bien, plus rien ne compte, le temps et les pensées s’arrêtent et l’eau coule. Parfois, ça fait même des arcs-en-ciel.

Si vous cherchez à faire un exercice de pleine conscience, je trouve que l’arrosage est le plus puissant. C’est juste un peu dommage que le ciel ne s’en charge pas plus mais je suis aussi rassurée que c’est de l’eau de nos réserves d’eau de pluie qui coule à flot pour nos petites plantes naissantes qui n’ont pas encore les racines nécessaires pour aller puiser loin loin dans le sous-sol. J’ai trouvé un nom plus joli pour sous-sol « couche mère déstructurée ».

Et puis ce qui embête aussi très fort Didier, ce sont les mauvaises herbes. En revanche, moi j’adore ! Enfin pas les mauvaises herbes, mais les arracher. Je me suis fait une super Playlist que j’ai nommée « Mauvaises herbes en chanson » et je ne vois pas le temps passer. Par contre, je n’ai pas encore trouvé la position idéale pour ne pas avoir le dos en compote à la fin de l’été…

Je pense que vous l’aimerez aussi, elle convient à toute activité, jardinage, karsher (que j’adore aussi), cuisine, jogging, chilling… Elle commence en beauté avec le duo en live « Lady Gaga/Bradley Cooper » qui donne la chair de poule ! Vous pouvez clicker sur l’image pour avoir accès à la playlist. 

Illustration de Tonu pour Delphine Remy

Comme je viens de vous le dire, une grande partie de mes journées est consacrée au retravail des textes, je prends un plaisir fou à le faire, c’est pas aussi magique que rédiger un nouveau post mais ça me procure une joie immense. Stéphanie, mon éditrice, m’aide à faire un solide travail d’élagage, c’est très important, et puis c’est un bon exercice de lâcher prise, le fameux « let go ». Parfois j’ai envie de garder quelques branches mais il faut lâcher des phrases, les voir partir et garder l’essentiel, le rythme, la cadence. Nous formons un super tandem. J’ai de la chance de l’avoir.

Un livre, un blog, un journal intime sont des aventures que je conseille à tous ceux qui en rêvent. Vraiment. Je pense qu’ils sont dans ma ‘Top 5 List’ de mes aventures préférées. Je vais réfléchir aux 4 autres.

Voilà, rien de bien spécial et le contenu de ce post n’a pas ‘que à voir’ avec le titre mais ce n’est pas grave, je voulais vous faire un coucou et vous partager les impressions du moment. Vous me manquez aussi quand je ne vous écris pas alors il m’est bon de m’asseoir et de coucher sur écran un petit dialogue que j’entretiens avec vous tous. J’imagine vos réactions, vos questions, vos réflexions et j’écris.

Alors pour respecter la tradition, aujourd’hui les stars à l’honneur sont au nombre de trois : la sauge, l’estragon et la fraise. Devinez lesquels ont une love affair ?

Voyons voir…

Tartare de fraises à l’estragon et à l’orange

Mais Delphine, comment oses-tu ! Ce n’est pas la saison des oranges. Cool Raoul, un peu de souplesse dans la vie, il ne vous en faut qu’une !

On a l’habitude du couple fraise-menthe, mais le couple fraise-estragon est bien plus amoureux !

Et le plus amusant dans l’histoire, c’est que les invités sont incapables de dire quelle est l’herbe dans le délicieux dessert à la fraise alors que si on leur faisait goûter un poulet à l’estragon, ils trouveraient tout de suite. J’entends « C’est surprenant, c’est délicieux mais c’est étonnant, je connais cette herbe mais je ne sais plus, c’est frais, quelle est l’herbe mystérieuse dans ce dessert ? » Quand même ! C’est facile de reconnaître l’estragon et bien c’est très subtil dans ce dessert et c’est ça qui est super !

Je voulais faire ce dessert avec des fraises des bois mais il faut tout un bois pour espérer remplir 4 verrines ! En revanche, les fraises « normales » du jardin sont parfaites.

Il n’y a rien de complexe, comptez 4-6 fraises par personne, de l’estragon ciselé tout fin comme si vous mettiez de la menthe mais j’en mets un peu plus pour que le parfum soit bien prononcé (à vous de juger). Dans un bol, faites mariner le duo fraises/estragon dans un peu de jus d’orange. Laissez une heure sur le comptoir de la cuisine. Je trouve que les fraises perdent de leur goût quand elles passent du temps au frigo et d’autant plus quand elles sont coupées en tartare. Servez ce dessert dans un grand plat ou dans des petites verrines en versant le jus d’orange du bol. Et évidemment, c’est un délice avec une bonne truffe au chocolat noir maison !

Popcorn à la sauge

Et puis je vous avais promis des popcorn à la sauge et au parmesan « il y a deux blogs », j’ai fait comme si de rien n’était au blog précédent en me disant « ils ont oublié, c’est pas grave » mais je n’ai pas oublié ma promesse !

Alors voilà les popcorn de choc pour vos apéros branchouilles avec un bon verre de bulles ! Il faut arrêter d’assimiler les popcorn au cinéma, ils font un délicieux apéro aussi. Tantôt à la truffe, tantôt aux herbes de Provence et parmesan, tantôt à la sauge et au parmesan. Les combinaisons sont infinies. Et puis un jour, je vous proposerai des versions sucrées !

On ne voit pas très bien tous les petits morceaux de sauge dans les popcorn, je dois vous avouer que j’ai fait un trop de popcorn par rapport à la quantité de sauge.

Alors un petit mot sur la sauge… il faut éviter des quantités trop importantes (ou en compléments alimentaires) en cas de cancers du sein hormonodépendants, de grossesse et d’allaitement.

Les étapes :
Arrachez les feuilles de la tige et les faire revenir dans une poêle nappée d’huile d’olive. Vous verrez, les feuilles vont très vite absorber l’huile. D’habitude, j’en rajoute un peu. L’idée est plutôt de frire les feuilles. Soyez généreux avec le sel et le poivre. Les feuilles vont devenir comme des petits chips que j’adore manger tout simplement comme ça. Elles sont aussi un bon condiment pour les viandes.

Je les ai ensuite coupées en tout petit pour les popcorn et j’ai ensuite parsemé de parmesan, normalement en poudre, mais William avait vidé le sachet. Voilà, c’est délicieux et c’est sain. Ils ne peuvent pas se préparer le matin pour le soir, mais bien juste avant que les invités arrivent. 

Ma version préférée est à l’huile de truffe et au sel de truffe. Je fais revenir les popcorn dans l’huile de truffe et je parsème ensuite de sel parfumé à la truffe. Le parmesan est en option. Big hit les invités adorent !

Pas de raison que les 3 sottes ne soient pas de la fête !

Je terminerai par ceci…

Est-ce un simple pétale qui est tombé à terre à cause du vent et de la pluie ? Était-ce tout simplement son heure ? Est-ce un merveilleux cadeau de la nature et d’autant plus merveilleux qu’il embaume ? Est-ce un cœur qui m’émeut ? Est-ce tout ça ?

Le « cœur sur la main »… Je vous souhaite de voir des cœurs dans chaque pétale de rose.

Je vous embrasse tous très fort et stay tuned pour la recette la semaine prochaine avec les concombres du jardin, voici déjà un avant-goût…

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